Médecine fonctionnelle et santé féminine : Interview avec Joel Evans, M.D.

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Nous avons rencontré Joel Evans, M.D. pour évoquer les options qu’offre la médecine fonctionnelle en réponse aux problèmes de santé courants de femmes. Voici la première interview d’une série.

Avant de commencer, pouvez-vous me décrire votre parcours?

Mon parcours est identique à tous les gynécologues-obstétriciens ayant reçu la formation conventionnelle. Mais plus je tentais d’aider mes patientes de toutes les manières possibles, plus il m’apparaissait comme évident que ma formation ne suffisait pas.

 

Le meilleur exemple est celui d’une femme de 26 ans qui a eu la malchance de se faire diagnostiquer un cancer du sein. Elle m’a demandé : Mon alimentation
a-t-elle une influence? Je lui ai répondu, « Je ne sais pas, demandez à votre oncologue ».

Son oncologue était très connu, diplômé de Harvard, et sa réponse fut : « L’alimentation n’a aucune influence ».

Elle m’a demandé si je croyais cela, et j’ai dit, « Nous allons en avoir le cœur net. Vous allez voir un nutritionniste ».

Elle a vu un nutritionniste, qui lui a dit d’éviter entièrement le sucre; le sucre va directement aux cellules cancéreuses. Je suis allé à la bibliothèque médicale pour faire des recherches sur le sucre et le cancer. J’ai été choqué de voir qu’il existait plus de 10 000 publications sur le cancer et le sucre!

C’est là que je me suis rendu compte que le soin aux personnes ne s’arrête pas à ce qui est enseigné à la faculté de médecine. C’est là que j’ai découvert la médecine fonctionnelle et rencontré Jeff Bland, et commencé à parler pour Metagenics, il y a bien longtemps, en 2002 ou 2003.

Quels types de patientes voyez-vous habituellement?

Je vois des patientes que je vois depuis toujours en qualité de gynécologue-obstétricien, qui viennent pour leur suivi gynécologique. Puis je vois des patientes qui viennent parce qu’elles veulent un docteur en médecine fonctionnelle. Je vois également les cas les plus compliqués qui me sont adressés par mes collègues et les professionnels de santé qui sont passés par l’Institut de médecine fonctionnelle et qui savent que mon expertise justifie la référence.

Les patientes que vous dites voir depuis toujours, essayez-vous de les orienter vers le domaine de la médecine fonctionnelle? Ou viennent-elles juste pour leur visite de routine?

J’essaie toujours de les orienter vers le domaine de la médecine fonctionnelle. Mes contrôles sanguins sont bien plus larges que ceux prescrits par un médecin conventionnel. J’observe les subtilités dans la fonction thyroïdienne. J’observe les subtilités dans la fonction surrénalienne. Je pose des questions d’approfondissement comme, Comment est votre humeur? Vous sentez-vous énergique? Comment est votre sommeil?

En posant ces questions plus larges sur des sujets que la plupart des gynécologues-obstétriciens n’abordent pas, je peux ensuite cibler les analyses sanguines pour y répondre. Quand je discute des résultats, mes patients bénéficient de la médecine fonctionnelle sans connaître le terme.

Sont-elles ouvertes à cela?

La plupart sont ouvertes à cela. Très peu, peut-être 2 ou 3 % ne le sont pas. Pour la grande majorité elles le sont, c’est pourquoi elles m’adressent leurs amies et leurs proches. Je peux les aider dans tous les domaines liés à leur santé.

Quelles seraient les différences entre la médecine conventionnelle et la médecine des habitudes de vie dans le traitement des fibromes et de l’endométriose? Par exemple, quels tests utilisez-vous, et peut-on soigner ces conditions par des ajustements des habitudes de vie?

Vaste question! Les traitements de la médecine conventionnelle pour les fibromes et l’endométriose sont des traitements dont la plupart des patientes ne veulent pas. Si des fibromes sont diagnostiqués lors d’un examen de routine, et qu’il n’y a aucun symptôme, le traitement conventionnel est de ne rien faire. La plupart des patientes n’en sont pas satisfaites. Du point de vue de la médecine fonctionnelle, nous pouvons faire beaucoup de choses pour empêcher la croissance des fibromes et éviter l’apparition de symptômes.

On trouve rarement une endométriose sans symptômes sauf si l’on fait un examen du pelvis et que l’on sent un kyste, que l’on examine le kyste aux ultrasons et que l’on découvre que ses propriétés correspondent à l’endométriose. Dans ce cas, les seules interventions conventionnelles sont des pilules contraceptives ou un acte chirurgical pour retirer ce kyste et voir s’il y a d’autres lésions endométriales dans le pelvis, où elles peuvent être détruites par laser ou par électrocautérisation.

Si les patients ont des symptômes de fibromes, ça peut se traduire par une sensation d’encombrement, des saignements anormaux, ou une douleur pelvienne. Il n’y a pas vraiment de traitements conventionnels durables pour les fibromes autres qu’un acte chirurgical effectué par les radiologues où ils bloquent l’afflux sanguin vers l’utérus ou bloquent l’afflux sanguin vers les fibromes et les fibromes rétrécissent.

Mon approche, celle de la médecine fonctionnelle, est totalement différente. J’ai recherché le facteur sous-jacent de croissance des fibromes et de l’endométriose, et cela a un rapport avec l’œstrogène. L’approche de la médecine fonctionnelle s’assure que le corps ne reçoit pas ou ne produit pas trop d’œstrogène, et que cet œstrogène est éliminé correctement.

D’où provient l’œstrogène que reçoit le corps?

Il peut venir de substances étrangères, de l’absorption de produits chimiques, de composés qui deviennent ou se comportent comme de l’œstrogène — ce que l’on appelle des xéno-œstrogènes — c’est pourquoi il est important de manger biologique. On peut également trouver de l’œstrogène dans l’eau que l’on boit. On a trouvé des œstrogènes provenant de médicaments dans l’eau.

Une autre façon d’avoir trop d’œstrogène est de trop en produire. Par exemple, un kyste ovarien peut entraîner une production excessive d’œstrogène. Les tissus adipeux viscéraux produisent de l’œstrogène. De plus, nous savons que l’enzyme qui produit l’œstrogène, l’aromatase, se trouve en fait dans le tissu endométrial et dans les fibromes utérins. Tout ce qui stimule l’aromatase produit plus d’œstrogène. Deux stimulateurs directs de l’aromatase sont l’insuline et les prostaglandines inflammatoires. L’approche de la médecine fonctionnelle comprend donc la normalisation des niveaux d’insuline et la réduction de l’inflammation.

Un autre point à surveiller est le fonctionnement de l’intestin. S’il y a des mauvaises bactéries dans le microbiome, elles peuvent produire une enzyme appelée bêta-glucuronidase qui entraîne la réabsorption de l’œstrogène de l’intestin. Il faut s’assurer d’aller à la selle régulièrement, parce qu’une constipation peut entraîner une augmentation de l’absorption d’œstrogène.

Il faut s’assurer que le foie fonctionne bien, que les enzymes de détoxification cytochromes P450 fonctionnent bien car l’œstrogène est éliminé par ces voies.

Vous vous intéressez particulièrement au cancer héréditaire du sein et de l’ovaire. Quels types d’outils d’évaluation du risque et de prévention utilisez-vous avec vos patients?

Il y a des questions standard émises par l’Institut national du cancer et l’Institut national de la santé que nous posons pour évaluer le risque de BRCA chez nos patientes.

Puis il y a d’autres questions que nous posons. Des seins denses augmentent le risque de cancer du sein. Je regarde également les facteurs de risques d’autres syndromes cancéreux héréditaires, comme le syndrome de Lynch, qui augmente le risque de cancer colorectal et gynécologique chez les femmes. Je regarde également d’autres causes non génétiques qui pourraient augmenter le risque de cancer du sein chez mes patientes, comme le surpoids, l’excès de tissus adipeux, des niveaux d’insuline trop élevés, ou même le stress.

J’effectue également un test appelé BREVAGen™, qui peut donner aux patientes une analyse du risque de cancer du sein sur cinq ans. On appelle ça une étude d’association pangénomique. En observant la fréquence génique d’environ 77 gènes, ils peuvent calculer très précisément un risque de cancer du sein sur cinq ans. Ce qui signifie qu’elles peuvent bénéficier d’un traitement visant à réduire le risque en plus d’un protocole complet de réduction du risque de cancer du sein par la médecine fonctionnelle.

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Joel Evans, MD

Joel Evans est le directeur du Centre de médecine fonctionnelle à Stamford, Connecticut, membre du corps professoral du Centre de médecine psychocorporelle et de l’Institut de médecine fonctionnelle, et ancien professeur adjoint en clinique d’obstétrique, de gynécologie et de santé féminine à la faculté de médecine Albert Einstein. C’est un expert, professeur, auteur et médecin en bien-être reconnu dans tous le pays, spécialisé en nutrition, en médecine fonctionnelle, en médecine psychocorporelle et en spiritualité. Après avoir étudié la spiritualité, la métaphysique, et la transformation personnelle pendant de nombreuses années, le Dr Evans a récemment créé un curriculum de base visant à transmettre la sagesse spirituelle ancestrale afin d’apporter santé et bonheur dans la vie des gens.

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